PGE : Bonne ou mauvaise dette ?

Le PGE, Prêt Garanti par l'Etat, a été créé en 2020 pour répondre aux besoin de trésorerie des entreprises.

Il est primordial de préserver nos entreprises

LES FAITS

Au début novembre dernier, 608000 PGE ont été accordés pour un montant total de 124 milliards d’euros.

Une entreprise sur trois en a bénéficié, dont 94% à des TPE et PME.

Avec un taux de refus de moins de 3%, ce dispositif, ajouté aux autres (Chômage partiel, fonds de solidarité, report des charges…) a permis de financer le besoin de trésorerie des entreprises durant la période Covid et d’éviter une cascade de défaillances.

Rappelons également que ces prêts, couverts par l’Etat à 90% pour ces TPE et PME (80% pour les entreprises qui réalisent un CA de 1.5 à 5 milliards d’euros, 70% pour les autres), ont été aussi ouverts aux entreprises en médiation, mandat ad hoc, conciliation, plan de sauvegarde ou de redressement judiciaire.

Suite à l’accord du Ministère de l’Economie et la Fédération Française des Banques, la distribution des PGE a été prolongée de 6 mois, jusqu’au 30 juin 2021.

Les règles de remboursement ont été de surcroît améliorées, permettant à une entreprise de demander un différé supplémentaire d’un an, soit au total, deux années de différé avant le remboursement ; dans cette nouvelle période, seuls les intérêts et le coût de la garantie de l’Etat seront payés par l’entreprise.

Plusieurs options s’ouvrent alors à l’entreprise pour les PGE octroyés en 2020 :

Rembourser le PGE après la période de différé de 12 mois,

Rembourser sur 5 ans à partir de 2021,

Rembourser après un différé de 2 ans, sur une durée de 4 ans, à partir de 2022.

Plafonnés sur une période maximale de 6 ans, les coûts financiers restent très faibles, beaucoup moins couteux que les concours habituels (taux de découvert).

Mais toutes dettes engagent l’emprunteur à rembourser …

Selon la BCE, la dette française des Sociétés non financières atteignait au deuxième trimestre 2020 104% du PIB national (contre 83% pour la zone Euro).


LES PRECONISATIONS

PGE : UNE BONNE OU UNE MAUVAISE DETTE ? :

On nous a tous appris une des grandes règles de l’équilibre financier : « toujours financer un emploi durable par une ressource durable ».

« La bonne dette » se caractérise alors par un emploi (investissement) capable de générer des gains, producteur d’une capacité de remboursement, et en aucun cas palier à un déficit à court terme de rentabilité.

Si certes les PGE n’ont pas tous été consommés et utilisés comme réserve de précaution, cette « dette pandémique » ne peut se substituer à des revenus perdus, sans doute irrévocablement pour beaucoup d’activités.

Ce serait alors une « dette de survie », nécessaire certes, mais improductive !

Quand est-il de surcroît lorsque le PGE a servi au financement des dettes fournisseurs courantes, à la couverture de pertes d’exploitation, voire, ce qui constituerait une faute de gestion condamnable, au remboursement de comptes courants d’Associés ?

Peut-on facilement dissocier cette « mauvaise « dette de survie, de la « bonne dette » de restructuration ?

Relisons encore une fois nos manuels, toujours emprunts de bon sens :

La capacité de remboursement doit résulter d’un apport de trésorerie, sans confondre « cash » et « résultats comptables ».

Combien ai-je vu d’entreprises au Tribunal de commerce commettre toujours cette même erreur !

Ce ne sont pas les bénéfices comptables qui produisent de la trésorerie, mais la Capacité d’Auto Financement » (CAF), ou, autrement dit, la part ENCAISSABLE du résultat de l’exercice.

Suivons alors les préconisations des banques :

La CAF doit être supérieure aux amortissements annuels d’emprunt (ce qui est pour le moins un minimum),

La CAF doit être supérieure à 8% du CA dans les activités de production, et à 5% du CA dans les activités commerciales,

Le total des dettes à long et moyen terme doit être inférieur à 3 années de CAF.

Voilà de quoi, aux vues de nos bilans prévisionnels, intégrant les PGE, satisfaire en toute sécurité à nos obligations d’emprunteurs.

Et ce sans espérer que l’Etat, et les banques, restent les seuls garants de notre pérennité !

A vos calculs…





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